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Surjectivité, injectivité, bijectivité

Définition 1.1. Soit une fonction.
  • est surjective si .
  • est injective si pour tout , il y a au plus un tel que .
  • est bijective si elle est à la fois injective et surjective.

Parlons d’abord de la surjectivité. La condition veut dire que pour chaque élément , il y a un élément de qui est envoyé sur par : .

Si une fonction n’est pas surjective, on peut toujours restreindre son ensemble d’arrivée pour qu’elle le devienne.

Exemple 1.2. Soit On a vu dans un exemple précédent que . La fonction n’est donc pas surjective, puisque . Par contre, la fonction est surjective.

Graphiquement, une fonction réelle est surjective si pour tout , la droite horizontale à hauteur coupe le graphe de en au moins un point.

Ensuite, l’injectivité peut être décrite graphiquement ainsi: est injective si pour tout , la droite horizontale à hauteur coupe le graphe de en au plus un point.

Une fonction est injective si et seulement si

Ceci veut dire que deux éléments distincts ne peuvent pas avoir la même image par . Cette condition est équivalente à sa contraposée:

Exemples 1.3.
  • n’est pas injective, car mais . Par contre, est injective.
  • La fonction est-elle injective ? On aPuisque implique que , on a doncd’où la fonction est injective.
  • La fonction est-elle injective ? On aSi , on a donc . On peut prendre par exemple et , et on aura . La fonction n’est donc pas injective.

On remarque que pour montrer qu’une fonction réelle n’est pas injective, il suffit de trouver deux nombres réels distincts qui sont envoyé au même nombre réel.

Théorème 1.4. Une fonction strictement monotone est injective.

Soit strictement croissante (la preuve est similaire dans le cas d’une fonction strictement décroissante). Soit . Alors on a (ou ) et donc (respectivement ). Ainsi, .

Une fonction bijective est

  • surjective, et donc tout possède au moins une préimage,
  • injective, et donc tout possède au plus une préimage.

On a alors que pour une fonction bijective , tout possède exactement une préimage. Ceci nous permet de définir la fonction

Cette fonction est appelée la fonction réciproque de . On a

Exemples 1.5.
  • est bijective. Sa réciproque est la racine carrée, .
  • n’est pas surjective (par ex. car n’a pas de préimage). est surjective mais pas injective (par ex. car , mais ). est bijective. Sa réciproque est .

Exemple 1.6. Soit .

Cette fonction n’est pas surjective, par ex. car n’a pas de préimage. Par contre, est surjective, puisque on a choisi l’image de comme ensemble d’arrivée. Elle n’est toujours pas injective: par ex. .
On peut restreindre l’ensemble de départ pour que la fonction devienne injective. Sur le graphe de , on voit qu’on peut choisir la “partie droite” de la parabole, ou la “partie gauche” de la parabole.
  • Si on choisit la partie droite, on obtient la fonction bijectiveSa réciproque estEn effet, si , on aet donc puisque (c’est-à-dire, ).
  • De manière analogue, si on choisit la partie gauche, on obtient la fonction bijectivedont la réciproque est

On remarque qu’on obtient le graphe de la fonction réciproque en reflétant le graphe de par rapport à la diagonale .

Polycopié rédigé par Sacha Friedli, Anastasia Khukhro, Ghid Maatouk. Sauf indication contraire, le contenu de ce document est soumis à une licence Creative Commons internationale, Attribution - Utilisation non commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International (CC BY-NC-SA 4.0).

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