BotafogoÉtudes de fonctions
Généralement, l’étude d’une fonction f signifie décrire les principales caractéristiques de la dépendence de f(x) en fonction de x, qu’elles soient locales ou globales, autant du point de vue quantitatif que qualitatif.
Les sections précédentes ont montré comme la dérivée se présente comme un outil puissant pour l’analyse locale.
Avant de passer en revue les principaux éléments que peuvent constituer une étude de fonction, introduisons certaines notions additionnelles.
Branches infinies
Parmi les propriétés globales caractéristiques d’une fonction, on peut considérer les portions de son graphe, s’il y en a, qui contiennent des points arbitrairement éloignées de l’origine. On parle alors de branches infinies.
Commençons par les branches infinies données par directement par l’étude simple de limites à l’infini, ou proche d’un point x0.
Si une fonction possède une asymptote verticale, cela signifie qu’il existe au moins une portion de son graphe qui, infiniment loin de l’origine, s’approche de plus en plus de son asymptote:


- Puisque x→±∞limf(x)=0, la droite y=0 est asymptote horizontale.
- Puisque x→−2±limf(x)=∓∞, la droite x=−2 est asymptote verticale.
- Puisque x→1±limf(x)=±∞, la droite x=1 est asymptote verticale.

Si f(x) n’a pas de limite lorsque x→±∞, c’est qu’il n’y a pas d’asymptote horizontale. Mais cela n’empêche pas que f possède des portions infiniment loin de l’origine, proches d’une droite oblique (c’est-à-dire de pente non-nulle).

Si on sait que y=mx+h est asymptote oblique, comment trouver m et h?
Remarquons que si on a à la fois
x→∞limf(x)=+∞ et x→∞lim∣f(x)−(mx+h)∣=0,avec m=0, alors la limite limx→∞f(x)−(mx+h) représente une indétermination “∞−∞”. Mais puisque cette limite est nulle, on peut réécrire
0=x→∞lim∣f(x)−(mx+h)∣=x→∞lim∣x∣⋅xf(x)−(m+xh).Puisque ∣x∣→∞, on doit donc nécessairement avoir que
x→∞limxf(x)−(m+xh)=0.Mais comme xh→0, on a
x→∞limxf(x)−m=0et donc
m=x→∞limxf(x),ce qui fixe la valeur de m.
En connaissant m on peut alors trouver h, puisque
x→∞lim∣f(x)−(mx+h)∣=0⟹h=x→∞lim(f(x)−mx).
La procédure présentée ci-dessus a montré que l’existence d’une asymptote oblique y=mx+h procède comme suit: on trouve la pente m (si la limite qui la définit existe), et ensuite on trouve l’ordonnée à l’origine h, si la limite qui la définit existe.
Or il se pourrait très bien que m existe mais que f(x)−mx n’ait pas de limite.
Que se passe-t-il, alors, dans le cas où la limite qui définit h est infinie?
Expliquons le pourquoi de cette terminologie sur un exemple.
Dans certains cas où m n’existe pas, on peut quand-même avoir une information sur le comportement de la fonction loin de l’origine:
Elements de l’étude d’une fonction
Regroupons maintenant certaines des étapes que l’on pourra, lorsque c’est possible, inclure dans l’étude d’une fonction réelle f définie sur son domaine Df.
- Si Df est symétrique (x∈Df⇔−x∈Df), il sera utile de tester la parité de f. Cas échéant, cette parité devra se retrouver plus tard dans la représentation graphique de f.
- Lorsque c’est possible, l’étude du signe de f pourra aussi renseigner sur la position du graphe de f relativement à Ox.
- La recherche des points de continuité/discontinuité de f.
- Sur les parties de de Df où f est dérivable, l’analyse du signe de f′ renseignera sur la variation de f, et mènera dans certains cas à la détermination des extrema locaux de f. Lorsqu’il y en a, on pourra déterminer les extrema globaux de f.
- Si Df le permet et s’il y en a, étudier la nature des branches infinies de f (asymptotes horizontales, verticales, obliques ou paraboliques).
- Enfin, tracer un graphe contenant les principales informations obtenues dans l’étude analytique.
Remarquons qu’une fonction peut présenter un comportement intéressant proche de certains points. Par exemple, lorsque f est dérivable dans un voisinage épointé de x0, on dira que f possède
- un point de tangence verticale en x0 si limx→x0f′(x)=+∞ ou −∞,

- un point anguleux en x0 si limx→x0−f′(x) et limx→x0+f′(x) existent et sont distinctes,

- un point de rebroussement en x0 six→x0−limf′(x)=−∞ et x→x0+limf′(x)=+∞,oux→x0−limf′(x)=+∞ et x→x0+limf′(x)=−∞,Si la fonction est continue en ces points, ils correspondent donc à des extrema locaux.



Remarquons aussi que
- limx→0∓f′(x)=±∞, donc f possède un point de rebroussement en x=0, qui implique que (0,0) est un maximum local
- limx→1f′(x)=+∞, donc f possède un point de tangence verticale en x=1.
Ensuite, m=x→±∞limxf(x)=x→±∞lim51−x1=1, et h=x→±∞lim(f(x)−(1)x)=x→±∞lim[5x4(x−1)−x]. En posant a=5x4(x−1) et b=x, on peut utiliser a5−b5=(a−b)(a4+a3b+a2b2+ab3+b4). Ainsi, on obtient x→±∞lim[5x4(x−1)−x]=x→±∞lim(a−b)=x→±∞lima4+a3b+a2b2+ab3+b4a5−b5=x→±∞lima4+a3b+a2b2+ab3+b4x4(x−1)−x5=x→±∞lim(1−x1)54+(1−x1)53+(1−x1)52+(1−x1)51+1−1=−51. On a donc l’asymptote oblique y=x−51 lorsque x→±∞.
On peut maintenant tracer le graphe de f:

Polycopié rédigé par Sacha Friedli, Anastasia Khukhro, Ghid Maatouk. Sauf indication contraire, le contenu de ce document est soumis à une licence Creative Commons internationale, Attribution - Utilisation non commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International (CC BY-NC-SA 4.0).
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