Botafogo4.3 Symétries
Remarquons que si f est une symétrie, associée à la matrice A∈M2(R) en base canonique, alors A⋅A=In.
Remarquons que si A est une matrice de symétrie, alors A⋅A=In, donc A est inversible, et son inverse est A−1=A. Par conséquent, la symétrie associée f est aussi inversible et f−1=f.
Puisque g=21(idRn+f) est une projection, on sait par ce qu’on a vu dans la section précédente que l’on peut écrire, pour tout v∈Rn,
v=∈Im(g)g(v)+∈Ker(g)v−g(v),et on sait que g projette
- sur Im(g)=Im(idRn+f),
- parallèlement à Ker(g)=Ker(idRn+f).
On peut aussi remarquer que la définition
g(v)=2v+f(v)peut s’interpréter comme suit: g(v) est la “moyenne” entre v et f(v). Ainsi, dans toute visualisation dans un choix de repère, g(v) est le point milieu du segment qui relie v à f(v). Ceci permet d’interpréter f(v) comme le symétrique de v par rapport à g(v), d’où l’utilisation du terme “symétrie”:

En conclusion, une symétrie f se visualise, géométriquement, comme
- une symétrie par rapport à Im(idRn+f), qui se fait
- parallèlement à Ker(idRn+f).
Ces derniers sont appelés les éléments caractéristiques de f.
- sur Im(g)=Vect{(1,0)},
- parallèlement à Ker(g)={(x,y):x=0}=Vect{(0,1)}.
- par rapport à la droite Vect{(1,0)}, qui se fait
- parallèlement à la droite Vect{(0,1)}=Oy.
- sur Im(g)=Vect{(9,−1,−1),(−1,4,−1)}, qui n’est autre que le plan vectoriel d’équation x+2y+7z=0.
- parallèlement à Ker(f)={(x,y,z):x−z=0,2y−2z=0}=Vect{(1,1,1)}.
(L’avantage de cette deuxième approche est que idR3−g a rang 1, donc la décomposition colonne-ligne minimale de I3−G est plus simple.)
Pour terminer cette section, voyons comment construire une symétrie à partie d’éléments caractéristiques prédéterminés.
On sait que la projection g associé à f doit être la projection sur d1, parallèle à d2. Puisque d1 est dirigée par v1=(1,−2) et d2 a pour équation x−5y=0, on sait que la matrice de g en base canonique doit être de la forme G=c(1−2)(1−5)=c(1−2−510) avec c une constante à déterminer; or pour que g soit une projection, sa trace doit être égale à 1. Comme Tr(G)=c(1+10)=11c, on doit avoir c=111. Donc G=(1/11−2/11−5/1110/11). Mais, puisque G=21(I2+A), où A est la matrice de la symétrie f cherchée, on a A=2G−I2=(−9/11−4/11−10/119/11). Ainsi, la symétrie cherchée est (x,y)=v↦f(v)=(−119x−1110y,−114x+119y).
Polycopié rédigé par Mathieu Huruguen, Sacha Friedli. Sauf indication contraire, le contenu de ce document est soumis à une licence Creative Commons internationale, Attribution - Utilisation non commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International (CC BY-NC-SA 4.0).
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