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3.3 Noyau

Considérons une application , et notons temporairement et les vecteurs nuls de et , respectivement.

Si est linéaire, alors

Donc pour une application linéaire, l’élément nul de l’ensemble d’arrivée possède toujours au moins une préimage, à savoir l’élément nul de l’ensemble de départ.

Mais en général il peut y avoir des éléments non-nuls de l’ensemble de départ dont l’image est toujours l’élément nul de l’ensemble d’arrivée:

Exemple 3.16.
Si est définie par alors , , , etc.
Définition 3.17.
Le noyau d’une application linéaire est défini par
  • On l’a dit au-dessus, , donc le noyau d’une application linéaire n’est jamais vide.
  • D’un point de vue calculatoire, le noyau s’obtient en résolvant simplement l’équation . Si on écrit cette équation en base canonique,

    est la matrice associée à en base canonique.

Il se trouve que le noyau, comme l’ensemble image, est un sous-espace vectoriel:

Théorème 3.18.
(Théorème du rang) Si est linéaire, alors est un sous-espace vectoriel de , de dimension , où .
Pour fixer les idées, considérons le cas . L’application est associée à une matrice Les éléments du noyau de sont donc caractérisés par Chacune des équations du système doit s’interpréter comme l’équation d’un plan vectoriel de .
Distinguons les cas, en fonction de .
  • Cas . Dans ce cas est la matrice nulle, donc tout est solution du système , et donc , qui a dimension , qui est bien égal à .
  • Cas : Dans ce cas les trois lignes de sont proportionnelles deux à deux, donc ne contient qu’une seule équation: est un plan vectoriel, de dimension , qui est bien égal à .
  • Cas : Dans ce cas, deux des lignes de sont non-proportionnelles, et la troisième est combinaison linéaire des deux autres. Ainsi, ne contient que deux équations: est une intersection de deux plans vectoriels, c’est donc une droite vectorielle, de dimension , qui est bien égal à .
  • Cas : dans ce cas, est l’ensemble formé par l’unique point d’intersection entre trois plans vectoriels pour lesquels il n’existe aucune relation de dépendance entre les équations, donc , qui a dimension , qui est bien .
Exemple 3.19.
Considérons l’application linéaire associée à la matrice . On a vu (section précédente) que , donc le noyau a dimension : c’est une droite vectorielle. En effet, donc on peut trouver le noyau en résolvant qui est l’équation cartésienne de la droite , que l’on peut aussi écrire plus explicitement comme :
(On voit sur l’animation qu’effectivement, les seuls tels que sont les points sur la droite rouge .)
Exemple 3.20.
Reprenons le cas de l’application associée à la matrice On a vu dans la section précédente que , , donc le noyau a dimension : c’est une droite vectorielle. On la trouve en résolvant Puisque le noyau a dimension , on sait qu’une de ces équations peut s’obtenir par combinaison linéaire des deux autres. En supprimant par exemple la première (qui est ), les équations du noyau sont Ces deux plans s’intersectent selon une droite dirigée par On a donc:

Polycopié rédigé par Mathieu Huruguen, Sacha Friedli. Sauf indication contraire, le contenu de ce document est soumis à une licence Creative Commons internationale, Attribution - Utilisation non commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International (CC BY-NC-SA 4.0).

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