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4.2 Applications de rang

Soit une application linéaire, de matrice en base canonique.

Définition 4.7.
La trace de est la somme des éléments diagonaux de . Plus précisément, si a pour coefficients , , alors sa trace est
Exemple 4.8.
Si est définie par , alors .
Théorème 4.9.
Si est une application linéaire de rang , alors .
Prenons le cas : si est de rang , c’est qu’elle possède une décomposition colonne-ligne à un terme: D’une part, en effectuant le produit explicitement, et donc D’autre part, en élevant au carré, Ceci montre bien que
Corollaire 1.
Si est une application linéaire de rang , et de trace , alors est une projection.

Ce corollaire permet donc de montrer qu’une application linéaire est une projection, sans passer par la vérification de la condition “”.

Exemple 4.10.
Considérons l’application déjà rencontrée plus haut c’est-à-dire associée à la matrice en base canonique. Puisque les colonnes vérifient , on sait que . Ensuite, on calcule la trace, et on en déduit par le corollaire que est une projection.
Exemple 4.11.
Considérons l’application déjà rencontrée dans la dernière section: Sa matrice est On voit que qui a rang (puisque ses trois colonnes sont 2 à 2 proportionnelles), et dont la trace vaut . Donc est une projection, et aussi.
Proposition 11.
Soit une application linéaire. Si , et si , alors l’application linéaire est une projection sur , parallèlement à .
Remarquons avant tout que , et donc , . Puisque l’application est de rang et que on conclut par le corollaire ci-dessus que est une projection avec les éléments caractéristiques mentionnés.
Exemple 4.12.
Considérons l’application linéaire définie par donc de matrice On a donc , et . Et, puisque , la proposition ci-dessus implique que , qui a pour matrice est une projection sur la droite parallèlement à la droite .
Ceci permet de mieux comprendre l’application originale : comme , peut être vue comme la composition de deux applications: , où est la projection étudiée ci-dessus, et est l’homothétie de rapport .

La proposition du dessus donne en fait une méthode permettant de construire une projection avec des éléments caractéristiques déterminés.

Exemple 4.13.
Donnons l’expression explicite de l’application linéaire qui projette sur la droite d’équation , parallèlement à la droite d’équation .
Puisque projette sur une droite, elle doit être de rang . Ensuite, doit être l’ensemble image de , et doit être le noyau de . Ainsi, la matrice de doit être de la forme où la constante doit être choisie telle que . Or , donc la seule valeur possible est , et donc et l’expression de est donc la suivante:
Exemple 4.14.
Donnons l’expression explicite de l’application linéaire qui projette sur le plan d’équation , parallèlement à la droite vectorielle dirigée par .
La façon la plus simple de procéder est de passer par , qui comme on le sait doit projeter sur la droite vectorielle dirigée , parallèlement au plan d’équation . Ceci implique que doit être de rang , d’image , et de noyau . Si est la matrice de relativement à la base canonique, on doit donc avoir est une constante multiplicative à déterminer pour que soit une projection. Or on en déduit que , et donc que Finalement, comme , sa matrice est ce qui donne l’expression explicite pour :

Polycopié rédigé par Mathieu Huruguen, Sacha Friedli. Sauf indication contraire, le contenu de ce document est soumis à une licence Creative Commons internationale, Attribution - Utilisation non commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International (CC BY-NC-SA 4.0).

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