Botafogo2.7 Bases de R3
Définition 2.27.
Soient v1,v2,v3∈R3. La partie de R3 engendrée par v1,v2 et v3 est le sous ensemble défini par Vect{v1,v2,v3}={t1v1+t2v2+t3v3:t1,t2,t3∈R}⊂R3.
Pour la discussion ci-dessous, on suppose que
v1=(α1,α2,α3),v2=(β1,β2,β3),v3=(γ1,γ2,γ3).- Si v1=v2=v3=(0,0,0), alors Vect{v1,v2,v3}={(0,0,0)}.
- Si v1,v2,v3 sont 2 à 2 proportionnels, et qu’au moins un des trois est différent de (0,0,0), alors Vect{v1,v2,v3} est une droite vectorielle (dimension 1). Ce cas correspond àrgα1α2α3β1β2β3γ1γ2γ3=1,α1α2α3β1β2β3γ1γ2γ3=0.
- Si deux des v1,v2,v3 ne sont pas proportionnels et que le troisième est combinaison linéaire des deux premiers, alors Vect{v1,v2,v3} est un plan vectoriel (dimension 2). Ce cas correspond àrgα1α2α3β1β2β3γ1γ2γ3=2,α1α2α3β1β2β3γ1γ2γ3=0.
- Si aucun des vk ne peut s’écrire comme combinaison linéaire des deux autres, alors Vect{v1,v2,v3}=R3. Ce cas correspond àrgα1α2α3β1β2β3γ1γ2γ3=3,α1α2α3β1β2β3γ1γ2γ3=0.
Définition 2.28.
La donnée de n’importe quelle triplet v1,v2,v3 dans lequel il n’existe aucune relation de dépendance linéaire (aucun vecteur ne peut s’écrire comme combinaison linéaire des autres) forme une base de R3, notée B={v1,v2,v3}.
Si B={v1,v2,v3} est une base R3, alors pour tout v∈V il existe des réels t1,t2,t3 tels que
v=t1v1+t2v2+t3v3.On appelle t1,t2,t3 les composantes (ou coordonnées) de v relativement à B, et on écrit
[v]B=t1t2t3.Définition 2.29.
La base canonique de R3 est Bcan={e1,e2,e3}, où e1=(1,0,0),e2=(0,1,0),e3=(0,0,1).
Pour un v=(x,y,z),
v=x(1,0,0)+y(0,1,0)+z(0,0,1)=xe1+ye2+ze3,et donc
[v]Bcan=xyz.Exemple 2.30.
Soit B={v1,v2,v3}, où v1=(3,0,0),v2=(0,0,21),v3=(0,−1,0). Cette famille forme bien une base puisque 30000210−10=23=0. Pour un v=(x,y,z), v=x(1,0,0)+y(0,1,0)+z(0,0,1)=3x(3,0,0)−y(0,−1,0)+2z(0,0,21)=3xv1+2zv2−yv3, donc [v]B=3x2z−y Voyons comment le changement de base permet d’obtenir le même résultat. Pour ce faire, on commence par reprendre l’expression des éléments de la base B en fonction de ceux dans la base canonique: v1v2v3=3e1+0e2+0e3=0e1+0e2+21e3=0e1+(−1)e2+0e3. On peut ainsi écrire (v1v2v3)=(e1e2e3)=P30000210−10, que l’on peut résumer par “B=BcanP”. Comme on l’a fait pour le cas des bases de R2, on peut montrer que les composantes de v relativement à B s’obtiennent en utilisant la matrice inverse de P: [v]B=Q[v]Bcan=P−1[v]Bcan=310000−1020xyz=3x2z−y Cette façon de faire peut paraître un peu coûteuse au vu de la dépendance simple entre les vecteurs de B et Bcan, mais la méthode est robuste dans un cadre plus général.
Exemple 2.31.
Soit B={v1,v2,v3}, où v1=(−1,1,1)v2=(0,2,1)v3=(1,0,2). Puisque −111021102=−5=0, B est bien une base de R3. Puisque (v1v2v3)=(e1e2e3)=P−111021102 Ainsi, si v=(x,y,z), [v]B=Q[v]Bcan=P−1[v]Bcan=51−421−13−12−12xyz=5−4x−y+2z52x+3y−z5x−y+2z Si on écrit explicitement ce que nous venons de démontrer: tout v=(x,y,z)∈R3 peut s’écrire (x,y,z)=5−4x−y+2zv1+52x+3y−zv2+5x−y+2zv3 Cette écriture fait directement apparaitre les équations de certains plans vectoriels: Vect{v1,v2}Vect{v1,v3}Vect{v2,v3}={(x,y,z):x−y+2z=0},={(x,y,z):2x+3y−z=0},={(x,y,z):−4x−y+2z=0}.
Polycopié rédigé par Mathieu Huruguen, Sacha Friedli. Sauf indication contraire, le contenu de ce document est soumis à une licence Creative Commons internationale, Attribution - Utilisation non commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International (CC BY-NC-SA 4.0).
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