Botafogo2.3 Bases de R2 et composantes
Vect{w1,w2} est donc formé de toutes les combinaisons linéaires possibles de w1 et w2.
- Si w1=w2=(0,0), alors t1w1+t2w2=(0,0) pour tous t1,t2∈R, et donc Vect{w1,w2}={(0,0)}, qui a dimension 0.
- Si un des points w1,w2 est différent de (0,0), et si l’autre lui est proportionnel, alors Vect{w1,w2} est une droite vectorielle, qui a dimension 1. Par exemple, si w1=(0,0) et w2=λw1, alors Vect{w1,w2}=Vect{w1}.
- Si w1 et w2 sont les deux différents de (0,0), et s’ils ne sont pas colinéaires, alors Vect{w1,w2}=R2, qui a dimension 2.
Ce dernier cas, dans lequel toutes les combinaisons linéaires de w1 et w2 permettent de reconstruire R2, motive la définition suivante:
Si B={w1,w2} est une base de R2, alors pour tout v∈V il existe deux uniques réels t1,t2 tels que
v=t1w1+t2w2.On dit qu’on a décomposé v dans la base B, et on appelle t1 et t2 les composantes (ou coordonnées) de v relativement à B. On écrit:
[v]B=(t1t2).Puisqu’on peut toujours écrire
v=(x,y)=x(1,0)+y(0,1)=xe1+ye2,les composantes de v=(x,y) relativement à la base canonique sont simplement x et y:
[v]Bcan=(xy)La base canonique est l’unique base pour laquelle les composantes d’un vecteur v=(x,y) sont exactement x et y. Dans toute autre base, les composantes de v=(x,y) sont en général différentes.
- Relativement à Bcan={e1,e2}: puisque v=(−1,1)=(−1)e1+e2, on sait que[v]Bcan=(−11).
Soit B={w1,w2}, où w1=(1,1), w2=(2,−1). Comme w1 et w2 ne sont pas colinéaires, B est bien une base de R2. Les composantes de v relativement à B sont les deux réels t1,t2 tels que
v=t1w1+t2w2,c’est-à-dire
(−1,1)=t1(1,1)+t2(2,−1),qui peut s’exprimer comme un système:
{t1t1+−2t2t2==−11dont la solution est t1=1/3, t2=−2/3. Ainsi,
[v]B=(1/3−2/3).On vérifie qu’effectivement
31(1,1)−32(2,−1)=(−1,1).Plus généralement, on peut calculer de la même manière les composantes d’un vecteur quelconque v=(x,y) relativement à B, en posant
(x,y)=t1(1,1)+t2(2,−1),qui donne le système
{t1t1+−2t2t2==xydont la solution est t1=3x+2y, t2=3x−y. Ainsi,
[v]B=(3x+2y3x−y).Soit maintenant B′={w1′,w2′}, où w1′=(0,2), w2=(31,0). Comme w1′ et w2′ ne sont pas colinéaires, B′ est bien une base de R2. Pour les composantes de v relativement à B′, on cherche t1′,t2′ tels que
v=t1′w1′+t2′w2′,c’est-à-dire
(−1,1)=t1′(0,2)+t2′(31,0),qui peut s’exprimer comme un système:
{2t1′t2′/3==−11dont la solution est t1′=21, t2′=−3. Ainsi,
[v]B′=(12−3)Plus généralement, on peut calculer de la même manière les composantes d’un vecteur quelconque v=(x,y) relativement à B, en posant
(x,y)=t1(1,1)+t2(2,−1),et on trouve t1′=2y, t2′=3x. Ainsi,
[v]B=(2y3x)
2.3.1 Changement de base
On a vu dans la section précédente comment calculer les composantes d’un vecteur v=(x,y) relativement à différentes bases. Essayons maintenant de voir de plus près comment relier ces composantes de façon plus directe.
Supposons que l’on ait deux bases de R2, B={w1,w2} et B′={w1′,w2′}. Un vecteur v=(x,y) possède
- des composantes relativement à B, [v]B=(t1t2),
- des composantes relativement à B′, [v]B′=(t1′t2′).
Notre but est de comprendre comment t1,t2 sont reliées à t1′,t2′.
Pour commencer, remarquons que puisque B est une base, chaque vecteur de la base B′ peut se décomposer dans B: il existe deux réels α,β tels que
w1′=αw1+βw2,et deux autres réels γ,δ tels que
w2′=γw1+δw2.En utilisant une notation matricielle, ces deux relations peuvent être résumées en une seule:
(w1′w2′)=(w1w2)(αβγδ).- elle est facile à retenir,
- elle introduit une vraie matrice P∈M2(R) qui encode la relation entre les deux bases B et B′, qui peut encore être résumée comme suit:B′=BP
Une première propriété de P:
On peut maintenant reprendre la question posée plus haut: si on connaît la relation entre B et B′, quelle est la relation entre [v]B et [v]B′ pour un vecteur v fixé?
On a donc la structure suivante: les composantes des points se font avec une matrice qui est l’inverse de la matrice de changement de base.

Relativement à B. Dans ce cas, puisque
w1w2=(1,1)=(1,0)+(0,1)=e1+e2,=(2,−1)=(2,0)+(0,−1)=2e1−e2,la matrice de changement de base de Bcan vers B est
P=(112−1).On calcule donc facilement:
Q=P−1=−31(−1−1−21)=(1/31/32/3−1/3),qui donne
[v]B=Q−1[v]B=(1/31/32/3−1/3)(xy)=(3x+2y3x−y),comme nous avions trouvé.
Par exemple, pour v=(3,−1),
[(3,−1)]B=(33−233+1)=(1/34/3)Et en effet, on a bien que
31(1,1)+34(2,−1)=(3,−1)Relativement à B′. Plutôt que de passer par la base canonique, remarquons qu’il est facile de décomposer les points de B dans B′:
w1w2=(1,1)=21(0,2)+3(31,0)=21w1′+3w2′=(2,−1)=−21(0,2)+6(31,0)=−21w1′+6w2′,c’est-à-dire B=B′P, où
P=(1/23−1/26).On a donc [v]B=P−1[v]B′, ou encore
[v]B′=(P−1)−1[v]B=P[v]B.En utilisant [v]B, que nous avions trouvé au point précédent,
[v]B′=P[v]B=(1/23−1/26)(3x+2y3x−y)=(y/23x),qui est bien ce qu’on devait trouver.
Polycopié rédigé par Mathieu Huruguen, Sacha Friedli. Sauf indication contraire, le contenu de ce document est soumis à une licence Creative Commons internationale, Attribution - Utilisation non commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International (CC BY-NC-SA 4.0).
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