Botafogo3.9 Composition
Soient f:Rn→Rp et g:Rp→Rq des applications. Puisque l’ensemble d’arrivée de f est égal à l’ensemble de départ de g, on peut les composer, en définissant g∘f:Rn→Rq par
(g∘f)(v):=g(f(v))∀v∈Rn.
- f est associée à A∈Mp,n(R) en base canonique, et
- g est associée à B∈Mq,p(R) en base canonique,
3.9.1 Composée, rang et déterminant
Voyons maintenant comment se comportent le rang d’une application linéaire sous l’effet d’une composition:
Donnons deux preuves différentes:
Supposons ensuite que p=n, donc g:Rn→Rq, et qu’en plus f:Rn→Rn est inversible. Montrons que ceci implique Im(g)⊂Im(g∘f). En effet, si w∈Im(g), c’est qu’il existe v′∈Rn tel que w=g(v′). Mais f étant inversible, ce v′ possède une préimage: il existe v∈Rn tel que v′=f(v).

Combiné avec la précédente inclusion, on a donc Im(g)=Im(g∘f), qui entraîne rg(g∘f)=rg(g).
Une autre preuve, qui utilise des décompositions colonne-ligne minimale:
Supposons maintenant que p=n, donc g:Rn→Rp, et qu’en plus f:Rn→Rn est inversible; son inverse étant associée à A−1. On peut écrire rg(B)=rg(BIn)=rg(B(AA−1))=rg((BBA)AA−1) Mais en utilisant la première partie de la preuve, on sait que rg(BA)⩽rg(B), et donc rg(B)⩽rg(BA)⇒rg(g)⩽rg(g∘f). Combiné avec la première partie de la preuve, ceci implique rg(g)=rg(g∘f).
On démontre, en utilisant un argument semblable à celui de la “deuxième preuve” ci-dessus:
Supposons maintenant que p=q, et qu’en plus g:Rp→Rp est inversible, son inverse étant associée à B−1. On peut écrire rg(A)=rg(InA)=rg((B−1B)A)=rg(BB−1(ABA)) Mais en utilisant la première partie de la preuve, on sait que rg(BA)⩽rg(A), et donc rg(A)⩽rg(BA)⇒rg(f)⩽rg(g∘f). Donc rg(f)=rg(g∘f).
Polycopié rédigé par Mathieu Huruguen, Sacha Friedli. Sauf indication contraire, le contenu de ce document est soumis à une licence Creative Commons internationale, Attribution - Utilisation non commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International (CC BY-NC-SA 4.0).
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