Botafogo4.4 Rotations
Les applications linéaires des sections précédentes, à savoir projections et symétries, ont pu être visualisées et interprétées géométriquement à l’aide de leurs éléments caractéristiques, d’une manière qui ne dépend pas du repère choisi.
Dans cette section et les suivantes, on va s’intéresser à certaines applications linéaires f:R2→R2 qui auront un sens géométrique précis, mais une interprétation géométrique simple sera possible seulement lorsqu’on se restreint à des repères particuliers.
4.4.1 Repères orthonormés
- orthonormé si les segments Oe1 et Oe2 ont longueur 1 et sont perpendiculaires entre eux,
- direct si l’orientation Orient(e1,e2)=+1.
Un repère orthonormé direct permettra en particulier de parler d’angles. On peut par exemple associer à tout angle θ le vecteur
vθ=(cos(θ),sin(θ)),qui se visualise, dans un repère orthonormé, par le point associé à θ sur le cercle trigonométrique:
On a en particulier que e1=v0, e2=v2π.
4.4.2 Rotations
Dans cette section, on étudie les applications linéaires f:R2→R2 dont l’effet se visualise, dans un repère orthonormé, par une rotation d’angle θ autour de l’origine O.
Rappelons que pour tout vecteur v∈R2,
[f(v)]Bcan=A[v]Bcan,où les colonnes de A∈M2(R) sont les composantes des images des vecteurs de base relativement à la base canonique:
A=[[f(e1)]Bcan[f(e2)]Bcan]Or puisqu’on veut que f représente une rotation d’angle θ, il faut que
f(e1)f(e2)=vθ=(cos(θ),sin(θ)),=v2π+θ=(cos(2π+θ),sin(2π+θ))=(−sin(θ),cos(θ)),et donc
A=(cos(θ)sin(θ)−sin(θ)cos(θ))De manière générale, une matrice du type
A=(ab−ba)représente une rotation dès que a et b satisfont à la contrainte suivante: le point (a,b)∈R2 doit appartenir au cercle trigonométrique, ce qui se traduit par
a2+b2=1.Dans un repère orthonormé, une rotation f associée à Rθ se visualise donc comme agissant sur les vecteurs du plan par une rotation d’angle θ (dans le sens anti-horaire) autour de l’origine O: si v=(x,y)=xe1+ye2, alors
f(v)=f(xe1+ye2)=xf(e1)+yf(e2)=xvθ+yvθ+2π.- Rθ1Rθ2=Rθ1+θ2
- Rθ est inversible, et Rθ−1=R−θ
- Par les formules de trigo classiques (voir Analyse A),Rθ1Rθ2=(cos(θ1)sin(θ1)−sin(θ1)cos(θ1))(cos(θ2)sin(θ2)−sin(θ2)cos(θ2))=(cos(θ1)cos(θ2)−sin(θ1)sin(θ2)sin(θ1)cos(θ2)+sin(θ2)cos(θ1)−(sin(θ2)cos(θ1)+sin(θ1)cos(θ2))−sin(θ2)sin(θ1)+cos(θ1)cos(θ2)))=(cos(θ1+θ2)sin(θ1+θ2)−sin(θ1+θ2)cos(θ1+θ2))=Rθ1+θ2
- Par le premier point, on a Rθ=R−θ=R−θRθ=R0=I2. Donc Rθ est inversible et son inverse est R−θ.
Polycopié rédigé par Mathieu Huruguen, Sacha Friedli. Sauf indication contraire, le contenu de ce document est soumis à une licence Creative Commons internationale, Attribution - Utilisation non commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International (CC BY-NC-SA 4.0).
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