Botafogo6.3 Formules (méthodes) de quadrature
Dans une méthode d’intégration composite, on applique une formule de quadrature à un sous-intervalle [xi,xi+1] a priori quelconque. Pour pouvoir étudier et comparer les différentes formules de quadrature dans le cadre d’un formalisme général, nous allons remplacer [xi,xi+1] par l’intervalle “standard” (“canonique”) [−1,+1].
Pour ce faire, nous allons effectuer le changement de variable x∈[xi,xi+1]→t∈[−1,+1] :
t=2xi+1−xix−xi−1↔x=2xi+xi+1+2xi+1−xit.On note ainsi en particulier que x=xi ↔ t=−1 et x=xi+1 ↔ t=+1.
Ainsi, l’intégrale définie de f(x) sur [xi,xi+1] peut alors s’écrire
∫xixi+1f(x)dx=≡∫−1+1f(2xi+xi+1+2xi+1−xit)2xi+1−xidt2xi+1−xi∫−1+1gi(t)dt,où l’on a utilisé le lien entre dx et dt donné par le changement de variable,
dx=2xi+1−xidt,et introduit la fonction
gi(t)=f(2xi+xi+1+2xi+1−xit)qui est une fonction continue définie sur l’intervalle [−1,+1].
Soit g une fonction continue sur l’intervalle [−1,+1], la formule de quadrature
J(g)=j=1∑Mwjg(tj),
est une approximation de ∫−1+1g(t)dt dans laquelle interviennent
- M points tj, −1≤t1<t2<…<tM≤+1 qui sont appelés les points (ou noeuds) d’intégration;
- M nombres wj qui sont les poids de la formule de quadrature associés à chaque point tj.
Une formule de quadrature J telle que celle définie ci-dessus est dite exacte pour les polynômes de degré r≥0 si
J(p)=∫−1+1p(t)dt
pour tout polynôme p de degré inférieur ou égal à r.
Nous allons commencer par indiquer trois exemples de formules de quadrature de la forme
J(g)=j=1∑Mwjg(tj)avant de chercher à déterminer au mieux les M noeuds tj et les M poids wj associés.
La formule du point milieu (PM) correspond à une méthode à 1 point (M=1), le point (noeud) étant choisi au milieu de [−1,+1] : t1=0. En reprenant les notations ci-dessus, il vient
JPM(g)=j=1∑M=1wjg(tj)=w1g(t1)=w1g(0)=“base"2⋅“hauteur"g(0).
On constate que w1=2.En revenant à la fonction f et à l’intervalle de départ [xi,xi+1], l’approximation cherchée de ∫xixi+1f(x)dx est
JiPM(f)=2xi+1−xi⋅2⋅f(2xi+xi+1)=(xi+1−xi)⋅f(2xi+xi+1).
En guise d’exemple concret, prenons f(x)=x2 que l’on cherche à intégrer sur [xi+1,xi]=[1,2]. On a alors gi(t)=(23+21t)2 et
∫xixi+1f(x)dx=∫12x2dx=2xi+1−xi∫−1+1gi(t)dt=21approximeˊ par JPM(gi)∫−1+1(23+21t)2dt.Comme JPM(gi)=2⋅gi(0), l’approximation cherchée est donnée par JiPM(f)=212gi(0)=gi(0)=49.

La formule du trapèze (TR) correspond à une méthode à 2 points (M=2), les deux points (noeuds) étant choisis au début et à la fin de [−1,+1] : t1=−1 et t2=+1. Ainsi,
JTR(g)==j=1∑M=2wjg(tj)=w1g(−1)+w2g(+1)“base"2⋅“hauteur moyenne"2g(−1)+g(+1)=g(−1)+g(+1).
On constate que w1=1=w2. En revenant à la fonction f et à l’intervalle de départ [xi,xi+1], l’approximation cherchée de ∫xixi+1f(x)dx est
JiTR(f)=(xi+1−xi)2f(xi)+f(xi+1).
Cas concret discuté plus haut :

La formule dite de Simpson (S) correspond à une méthode à 3 points (M=3), les trois points (noeuds) étant choisis au début, au milieu et à la fin de [−1,+1] : t1=−1, t2=0 et t3=+1. Ainsi,
JS(g)=j=1∑M=3wjg(tj)=w1g(−1)+w2g(0)+w3g(+1).
En exercices et plus loin, nous verrons que l’approximation numérique peut être optimisée en choisissant les poids suivants :
w1=31,w2=34 et w3=31.
En revenant à la fonction f et à l’intervalle de départ [xi,xi+1], l’approximation cherchée de ∫xixi+1f(x)dx est
JiS(f)=(xi+1−xi)(61f(xi)+64f(2xi+1+xi)+61f(xi+1)).
Cas concret discuté plus haut :

L’intégration numérique par la méthode de Simpson est, pour ce cas concret, exacte.
En supposant avoir choisi les M noeuds (points) tj, on peut se demander comment déterminer les M poids wj associés pour approximer au mieux ∫−1+1g(t)dt.
Soient t1<t2<…<tM, M points distincts de l’intervalle canonique [−1,1], et soit φ1, φ2, …, φM la base de Lagrange de PM−1 associée à ces M points.
Alors, la formule de quadrature
J(g)=j=1∑Mwjg(tj)
est exacte pour les polynômes de degré M−1 au moins si et seulement si
wj=∫−1+1φj(t)dt, ouˋ j=1,2,…,M.
En supposant la formule exacte, il vient :
J(p)=j=1∑Mwjp(tj)=∫−1+1p(t)dt,∀p∈PM−1.
Ainsi, cette relation doit être en particulier vraie pour p=φk, avec k=1,2,…,M. Par conséquent,
J(φk)==wk⋅1=wkj=1∑Mwjφk(tj)=∫−1+1φk(t)dt.
Soit p∈PM−1, p quelconque. On peut écrire le développement de p dans la base de Lagrange associée aux points t1,t2,…,tM :
p(t)=j=1∑Mp(tj)φj(t).
Il vient alors
∫−1+1p(t)dt=j=1∑Mp(tj)=wj (par hyp.)∫−1+1φj(t)dt=j=1∑Mp(tj)wj=J(p).
Notons tout d’abord que ∑j=1M1⋅φj(t) est le polynôme p∈PM−1qui vaut 1 aux points t1,t2,…,tM. Il s’agit de la fonction constante égale à 1.
On peut alors faire une observation intéressante :
j=1∑Mwj=j=1∑M∫−1+1φj(t)dt=∫−1+1(=1j=1∑Mφj(t))dt=∫−1+11⋅dt=2.
On constate que la somme des poids est toujours égale à 2. C’est ce que l’on peut vérifier dans le cas des trois exemples donnés plus haut dans cette section.
Polycopié rédigé par Roger Sauser, CMS. Sauf indication contraire, le contenu de ce document est soumis à une licence Creative Commons internationale, Attribution - Utilisation non commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International (CC BY-NC-SA 4.0).
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