BotafogoMéthode de point fixe
Transformation de l’équation non linéaire
Pour une fonction f:[a,b]→R, il est toujours possible de transformer l’équation non linéaire à résoudre, f(x)=0,en une équation équivalente ayant les mêmes solutions :
x−Φ(x)=0,où Φ(x) est une fonction auxiliaire Φ:[a,b]→R choisie telle que
f(α)=0 ⇒ α=Φ(α).La recherche des zéros de f se ramène donc à la recherche des points fixes de Φ.
En fait, toute fonction auxiliaire Φ de la forme Φ(x)=x+F(f(x)), où F est une fonction continue telle que F(0)=0, est une fonction auxiliaire possible.

Méthode de point fixe
Graphiquement, la recherche des points fixes de Φ consiste à trouver la (ou les) intersection(s) entre la droite y(x)=x et la fonction y(x)=Φ(x). Dans la méthode de point fixe, le processus itératif revient à poser, étant donné un “bon” x0, xk+1=Φ(xk), ∀k≥0.Cette relation est une itération de point fixe appelée parfois itération de Picard, et Φ est connue sous le nom de fonction d’itération. Premières étapes de la méthode pour la fonction d’itération Φ(x)=cos(x) :
x0=x1=x2=x3=x4=x5=⋮x20=⋮x40= 1.2 (choix du point de deˊpart de la meˊthode) cos(x0)=cos(1.2)≅0.3624 cos(x1)≅cos(0.3624)≅0.9351 cos(x2)≅cos(0.9351)≅0.5938 cos(x3)≅cos(0.5938)≅0.8288 cos(x4)≅cos(0.8288)≅0.6757 cos(x19)≅cos(0.7388)≅0.7393 cos(x39)≅cos(0.7391)≅0.7391Les toutes premières étapes sont représentées graphiquement ci-dessous :


Existence d’un point fixe
Fonction contractante
Remarquons qu’en exploitant le théorème des accroissements finis (formule de Taylor au premier ordre), il vient, en supposant Φ∈C1(I),
∣Φ(x)−Φ(y)∣=∣Φ′(ξ)∣∣x−y∣,avec ξ entre x et y. Par conséquent, on en déduit que si ∣Φ′(x)∣<1, ∀x∈I, la fonction est K-contractante sur I.
Convergence des itérations de point fixe
Les résultats suivants précisent les conditions qui doivent être satisfaites pour que la méthode de point fixe converge.Convergence de la méthode de Newton
La méthode de Newton, xk+1=xk−f′(xk)f(xk)≡ΦN(xk),est une méthode de point fixe ayant pour fonction d’itération la fonction
ΦN(x)=x−f′(x)f(x).On note que la dérivée de cette fonction d’itération s’annule au point correspondant à la racine α de f : ΦN′(α)=0. En effet,
ΦN′(x)=1−(f(x)f′(x)−1)′=1−f′(x)f′(x)+(f′(x))2f(x)f′′(x)=(f′(x))2f(x)f′′(x),et on a donc ΦN′(α)=0 car f(α)=0 et f′(α)=0. Ainsi, ∣ΦN′(α)∣<1, et la méthode converge. De plus, en utilisant la formule de Taylor à l’ordre 1 au voisinage de α, il vient
xk+1−α== ΦN(xk)−ΦN(α) [ΦN(α)+ΦN′(α)(xk−α)+2!ΦN′′(ξ)(xk−α)2] −ΦN(α).Comme ΦN′(α)=0, on obtient finalement
xk+1−α=ΦN(xk)−ΦN(α)=2!ΦN′′(ξ)(xk−α)2.Ainsi,
∣xk+1−α∣≤C∣xk−α∣2,où
C=voisinage de αmax2ΦN′′(x).La convergence de la méthode de Newton est donc bien quadratique (p=2).
Polycopié rédigé par Roger Sauser, CMS. Sauf indication contraire, le contenu de ce document est soumis à une licence Creative Commons internationale, Attribution - Utilisation non commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International (CC BY-NC-SA 4.0).
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