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Méthode de point fixe

Transformation de l’équation non linéaire

Pour une fonction , il est toujours possible de transformer l’équation non linéaire à résoudre,

en une équation équivalente ayant les mêmes solutions :

est une fonction auxiliaire choisie telle que

La recherche des zéros de se ramène donc à la recherche des points fixes de .

Définition 1.1. Si est tel que , on dit que est un point fixe de . Autrement dit, l’image de par est lui-même.

Remarque 1.2. Pour une fonction donnée, le choix de la fonction auxiliaire n’est pas unique. Par exemple, on peut choisir
En effet, pour cet ensemble de fonctions auxiliaires, on a

En fait, toute fonction auxiliaire de la forme est une fonction continue telle que , est une fonction auxiliaire possible.
En effet, pour cet ensemble de fonctions auxiliaires, on a

En guise d’exemple, nous allons transformer le problème de Kepler. Il est par exemple possible de choisir

La racine de et le point fixe de sont bien identiques.

Méthode de point fixe

Graphiquement, la recherche des points fixes de consiste à trouver la (ou les) intersection(s) entre la droite et la fonction . Dans la méthode de point fixe, le processus itératif revient à poser, étant donné un “bon” ,

Cette relation est une itération de point fixe appelée parfois itération de Picard, et est connue sous le nom de fonction d’itération. Premières étapes de la méthode pour la fonction d’itération :

Les toutes premières étapes sont représentées graphiquement ci-dessous :

Remarque 1.1. Comme le montrent certains des quatre exemples ci-dessous, la convergence de la méthode de point fixe n’est pas assurée. Elle dépend du choix de et de . Application de la méthode de point fixe sur les fonctions et dans l’intervalle :

Existence d’un point fixe

Théorème 1.1. (existence d’un point fixe) Soit , si , , Alors, admet au moins un point fixe .
Nous allons considérer la fonction auxiliaire continue définie par , et nous intéresser au produit : Par le théorème de Bolzano, il existe au moins un tel que et .

Fonction contractante

Définition 1.1. Une fonction est dite contractante (ou -contractante) sur un intervalle s’il existe un nombre réel , , tel que

Remarquons qu’en exploitant le théorème des accroissements finis (formule de Taylor au premier ordre), il vient, en supposant ,

avec entre et . Par conséquent, on en déduit que si , , la fonction est -contractante sur .

Convergence des itérations de point fixe

Les résultats suivants précisent les conditions qui doivent être satisfaites pour que la méthode de point fixe converge.
Théorème 1.1. Si la suite définie par la méthode de point fixe converge vers et si est continue, alors est un point fixe de .
On utilise successivement le fait que la suite converge, que résulte d’une itération de point fixe, que est continue, et (encore une fois) que la suite converge.

Théorème 1.2. (théorème d’Ostrowski) Soit un point fixe d’une fonction , où est un voisinage de . Si , alors il existe pour lequel la suite converge vers , pour tout tel que .

Théorème 1.3. Soient et la suite , . Si i) , , ii) , iii) Alors a un unique point fixe dans et la suite converge vers pour tout choix de . De plus, on a C’est un résultat de convergence globale : la suite converge vers avec un ordre 1 pour tout .
Comme la fonction d’itération est continue et vérifie l’hypothèse i), cette dernière admet au moins un point fixe dans (voir la sous-section précédente). Pour montrer l’unicité du point fixe, on va supposer qu’il existe deux valeurs et dans qui vérifient et . La formule de Taylor à l’ordre 0 (c’est-à-dire le théorème des accroissements finis) et l’hypothèse de contraction iii) permettent alors d’écrire On conclut que . L’étude de la convergence de la suite peut également se faire à partir de la formule de Taylor. En effet, , on peut écrire avec compris entre et . Il vient ainsi, Or, et on conclut que converge vers . En reprenant l’égalité à la lumière de cette convergence, on termine la preuve :

Convergence de la méthode de Newton

La méthode de Newton,

est une méthode de point fixe ayant pour fonction d’itération la fonction

On note que la dérivée de cette fonction d’itération s’annule au point correspondant à la racine de : . En effet,

et on a donc car et . Ainsi, , et la méthode converge. De plus, en utilisant la formule de Taylor à l’ordre au voisinage de , il vient

Comme , on obtient finalement

Ainsi,

La convergence de la méthode de Newton est donc bien quadratique ().

Polycopié rédigé par Roger Sauser, CMS. Sauf indication contraire, le contenu de ce document est soumis à une licence Creative Commons internationale, Attribution - Utilisation non commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International (CC BY-NC-SA 4.0).

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