BotafogoMéthodes numériques à un pas
Le déroulement d’une méthode numérique à un pas est le suivant :
- On choisit une partition régulière de I=[t0,T] : t0<t1<t2<⋯<tN=T, où N est le nombre de sous-intervalles et h=NT−t0 est le pas de discrétisation.
- Pour chacun des noeuds tn=t0+nh, avec 1≤n≤N, on cherche la valeur inconnue un qui approche yn≡y(tn). L’ensemble des valeurs {u0≡y0,u1,u2,…,uN}, construit à partir de la condition initiale u0≡y0, représente la solution numérique.
- On repète éventuellement la méthode en considérant des partitions de plus en plus fines, c’est-à-dire des partitions avec des pas h de plus en plus petits.
La méthode numérique choisie permet d’obtenir une approximation de l’intégrale donnant yn+1≡y(tn+1) à partir de yn≡y(tn)). Nous allons envisager six manières de calculer numériquement cette intégrale. Chacune de ces méthodes permet d’obtenir, pour chaque instant tn+1 avec n=0,…,N−1, c’est-à-dire pour chaque noeud de la partition de pas h choisie, une approximation numérique un+1 de yn+1 :
u0≡y0⟶u1⟶u2⟶…⟶un⟶un+1
où Δu n’est autre que la “pente” choisie multipliée par le pas h.
Méthode d’Euler progressive
Dans la méthode d’Euler progressive, on choisit d’approcher numériquement l’intégrale définie∫tntn+1f(t,y(t))dtà l’aide de la formule de quadrature non composite du point de gauche :
JnPG(f)==h(tn+1−tn)f(tn,y(tn)).En remplaçant y(tn), dont la valeur est inconnue, par l’approximation un, on obtient alors le schéma numérique suivant :
{un+1u0==un+hfn,y0.où fn=f(tn,un). Dans cette méthode, la “pente” Δu/h choisie est
fn≡f(tn,un)et
un+1=un+Δu=un+hfn=un+hf(tn,un).Méthode d’Euler rétrograde
Dans la méthode d’Euler rétrograde, on approche numériquement l’intégrale définie ∫tntn+1f(t,y(t))dtà l’aide de la formule de quadrature non composite du point de droite :
JnPD(f)==h(tn+1−tn)f(tn+1,y(tn+1)).On obtient alors le schéma numérique suivant :
{un+1u0==un+hfn+1,y0.Cette méthode est implicite car fn+1=f(tn+1,un+1). Ainsi, on est finalement amené à rechercher le point fixe de l’équation
un+1=un+hfn+1=g(un+1).Dans cette méthode, la “pente” Δu/h choisie est
fn+1≡f(tn+1,un+1)et
un+1=un+Δu=un+hfn+1=un+hf(tn+1,un+1).Ici, pour obtenir l’approximation un+1, on est donc naturellement amené à résoudre une équation par la méthode de point fixe :
un+1=un+hfn+1=g(un+1). C’est ce que l’on fait par exemple à l’exercice 2 de la série 23. Il est également possible de résoudre cette équation par une autre méthode de recherche de zéros (voir par exemple l’exercice 3 de la série 23 dans lequel on utilise la fonction newton de SciPy).
Méthode de Crank-Nicolson
Dans la méthode de Crank-Nicolson, on approche numériquement l’intégrale définie à l’aide de la formule de quadrature non composite du trapèze : JnTR(f)==h(tn+1−tn)2f(tn,y(tn))+f(tn+1,y(tn+1)).On obtient alors le schéma numérique implicite suivant :
{un+1u0==un+2h(fn+fn+1),y0.La nature implicite de cette méthode rend cette dernière difficile à mettre en place. Souvent, on utilise plutôt un schéma légèrement modifié grâce à une approche de type “prédicteur-correcteur” : on commence par faire une prédiction, c’est-à-dire un premier calcul, par exemple à l’aide du schéma d’Euler (progressif), pour obtenir une approximation
un+1∗=un+hfn.La valeur inconnue fn+1 est alors remplacée par
fn+1∗=f(tn+1,un+1∗).En procédant ainsi, on obtient la méthode de Heun décrite ci-dessous.
Méthode de Heun
Directement inspirée de la méthode de Crank-Nicolson, la méthode de Heun est une méthode explicite correspondant au schéma suivant : {un+1u0==un+2h(fn+fn+1∗),y0.Il s’agit d’une méthode (de Runge-Kutta) explicite en deux étapes :
K1K2==f(tn,un),f(tn+1,un+hK1),où K1 et K2 sont les deux pentes importantes dans la méthode. Ainsi, le schéma peut être réécrit de la façon suivante :
{un+1u0==un+2h(K1+K2),y0.Méthode d’Euler modifiée (améliorée)
On peut également envisager approcher numériquement l’intégrale du problème de Cauchy à l’aide de la formule de quadrature non composite du point milieu : JnPM(f)=hf(tn+2h,y(tn+2h)).Comme on ne connaît pas un+1/2, on exploite souvent la méthode d’Euler (progressive) pour écrire :
un+1/2=un+2hfn.On obtient alors un schéma appelé méthode d’Euler modifiée (améliorée) :
{un+1u0==un+hfn+1/2,y0,où fn+1/2=f(tn+2h,un+1/2). On appelle également cette méthode la méthode de Runge-Kutta “classique” à deux étapes :
K1K2==f(tn,un),f(tn+2h,un+2hK1).Ainsi, le schéma peut être réécrit de la façon suivante :
{un+1u0==un+hK2,y0.Méthode classique de Runge-Kutta
Notre étude de l’intégration numérique suggère que l’on peut également envisager utiliser la formule de quadrature non composite de Simpson : JnS(f)=6h[f(tn,y(tn))+4f(tn+2h,y(tn+2h))+f(tn+1,y(tn+1))].La méthode de Runge-Kutta classique (à 4 étapes) RK4 consiste à prendre (il s’agit d’un choix) :
K1K2K3K4=f(tn,un)← (point de gauche)=f(tn+2h,un+2hK1)← (preˊdiction aˋ l’aide d’Euler progressive)=f(tn+2h,un+2hK2)← (preˊdiction aˋ l’aide de K2)=f(tn+1,un+hK3)← (preˊdiction aˋ l’aide de K3)Ainsi, le schéma RK4 peut être écrit de la façon suivante :
{un+1u0==un+6h(K1+2K2+2K3+K4),y0. Polycopié rédigé par Roger Sauser, CMS. Sauf indication contraire, le contenu de ce document est soumis à une licence Creative Commons internationale, Attribution - Utilisation non commerciale - Partage dans les mêmes conditions 4.0 International (CC BY-NC-SA 4.0).
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