Soit (an) une suite réelle, telle que la limite σ:=n→∞limn∣an∣ est soit finie, soit +∞.
Si σ<1, alors ∑nan converge absolument (et donc converge).
Si σ>1, alors ∑nan diverge.
Proof
1) Supposons σ<1. Alors il existe 0<ε<1 et un entier N tel que n∣an∣⩽1−ε∀n⩾N. On a donc que ∣an∣⩽(1−ε)n∀n⩾N, Par le critère de comparaison, comme la série associée à bn:=(1−ε)n converge (géométrique de raison r=1−ε), celle associée à ∣an∣ converge aussi. 2) Semblable, mais dans ce cas on montre que ∣an∣→∞, et donc an ne tend pas vers zéro, et donc la série ∑nan diverge.
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Animation explicative
Exemple 5.24.
La série n⩾1∑(1−n1)n2 converge, puisque σ=n→∞limn∣an∣=n→∞lim(1−n1)n=n→∞lim(nn−1)n=n→∞lim((n−1)+1n−1)n=n→∞lim(1+n−111)n=n→∞lim(1+n−11)n−11⋅1+n−111=e1⋅1<1.
Le critère de Cauchy existe en fait dans une forme un peu plus forte, dans laquelle la définition de σ est légèrement différente: σ:=n→∞limsupn∣an∣, mais où la conclusion est la même: si σ<1 alors la série converge absolument, et si σ>1 alors la série diverge. L’avantage de cette deuxième version est que l’on peut étudier certaines séries pour lesquelles la limite qui définit σ dans la première définition n’existe pas, alors qu’elle possède une limite supérieure.
Exemple 5.25.
Considérons la série n⩾0∑(21+41(−1)n)n. Remarquons qu’ici, n∣an∣=21+41(−1)n, qui n’a pas de limite lorsque n→∞. Pourtant, n→∞limsupn∣an∣=21+41=43<1, et donc par la nouvelle version du critère, la série converge. Remarquons qu’on aurait aussi simplement pu écrire ∣an∣=21+41(−1)nn⩽(21+41)n=(43)n. Ainsi, par comparaison avec la série géométrique de raison r=43, on conclut que ∑nan converge absolument.