Une conséquence de l’unicité est qu’un développement limité d’ordre n donne automatiquement des développements limités d’ordres inférieurs:
Corollaire 10.1.
Si f possède un DL(n) autour de x0, donné par f(x)=a0+a1(x−x0)+a2(x−x0)2+⋯+an(x−x0)n+R(x), alors pour tout 0⩽k<n, f possède un DL(k) autour de x0, donné par f(x)=a0+a1(x−x0)+a2(x−x0)2+⋯+ak(x−x0)k+R(x). (Les coefficients a0,a1,…,ak sont les mêmes, mais le reste est différent.)
Proof
En effet, pour tout k<n, on peut réarranger le DL(n) comme suit: f(x)=a0+a1(x−x0)+⋯+ak(x−x0)k+⋯+an(x−x0)n+(x−x0)nε(x)=a0+a1(x−x0)+⋯+ak(x−x0)k+(x−x0)k=:ε~(x)(ak+1(x−x0)+⋯+(x−x0)n−kε(x)) Comme ε~(x)→0 lorsque x→x0, l’unicité du DL(k) implique bien que cette dernière ligne est le DL(k) de f autour de x0.
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On peut ensuite obtenir des développements limités de sommes ou de produits de fonctions:
Lemme 10.2.
Soient f,g définies au voisinage de x0, possédant chacune un DL(n): f(x)g(x)=a0+a1(x−x0)+a2(x−x0)2+⋯+an(x−x0)n+ε(x)(x−x0)n,=b0+b1(x−x0)+b2(x−x0)2+⋯+bn(x−x0)n+η(x)(x−x0)n. Alors
f+g possède aussi un DL(n) autour de x0, donné par
1. En additionnant les deux DL(n) et en regroupant les termes correspondants aux mêmes puissances, on a f(x)+g(x)=(a0+b0)+(a1+b1)(x−x0)+⋯+(an+bn)(x−x0)n+=:ϕ(x)(ε(x)+η(x))(x−x0)n. Comme limx→x0ϕ(x)=0, l’unicité du DL fait que l’expresion ci-dessus est bien le DL(n) pour f+g. 2. Considérons pous simplifier le cas n=2. Et pour y voir clair, écrivons les parties principales de manière plus compacte: f(x)g(x)=p(x)+ε(x)(x−x0)2,=q(x)+η(x)(x−x0)2, où p(x)q(x)=a0+a1(x−x0)+a2(x−x0)2=b0+b1(x−x0)+b2(x−x0)2. En multipliant les deux DL(2), et en regroupant, on obtient f(x)g(x)=p(x)q(x)+p(x)η(x)(x−x0)2+q(x)ε(x)(x−x0)2+ε(x)η(x)(x−x0)4=p(x)q(x)+(x−x0)2=:ψ1(x)(p(x)η(x)+q(x)ε(x)+ε(x)η(x)(x−x0)2), où ψ1(x)→0 quand x→x0. Ensuite, calculons explicitement le produit des parties principales, et regroupons les puissances: p(x)q(x)=a0b0+(a0b1+a1b0)(x−x0)+(a0b2+a1b1+a2b0)(x−x0)2+=:ψ2(x)(x−x0)2(a1b2+a2b1)(x−x0)3+a2b2(x−x0)4, où ψ2(x)→0 quand x→x0. On a donc, en posant ψ(x):=ψ1(x)+ψ2(x), f(x)g(x)=a0b0+(a0b1+a1b0)(x−x0)+(a0b2+a1b1+a2b0)(x−x0)2+ψ(x)(x−x0)2. ce qui démontre la formule dans le cas où n=2. Le cas général se traite de façon similaire.
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Exemple 10.4.
Considérons f(x)=1−xex au voisinage de x0=0. On a déjà calculé plus haut les DL(2) de ex et 1−x1, ex1−x1=1+x+21x2+x2ε(x),=1+x+x2+x2η(x), Donc, par le lemme précédent, ex⋅1−x1=(1⋅1)+(1⋅1+1⋅1)x+(1⋅1+1⋅1+21⋅1)x2+x2ψ(x)=1+2x+25x2+x2ψ(x).