Les développements limités fournissent un moyen très précis d’approximer une fonction au voisinage d’un point, à l’aide d’un polynôme. Et les polynômes étant des objets très simples à manipuler, l’utilisation de développements limités peut grandement simplifier l’étude d’une fonction en ce point.
Par exemple, ils peuvent être utiles pour le calcul de certaines limites.
Dans toutes les indéterminations “00” x→x0limg(x)f(x), rencontrées précédemment, on étudie un quotient de deux fonctions dont les valeurs deviennent toujours plus petites à mesure que x se rapproche de x0. Lever l’indétermination c’est, en somme, arriver à expliciter la “petitesse” de chacune des deux fonctions, de façon suffisamment précise pour arriver à pouvoir calculer la valeur du quotient lorsque x est proche de x0.
Exemple 10.10.
Considérons l’indétermination “00” dans la limite x→0limx2cos(x)−1 On a déjà calculé cette limite (en multipliant et divisant par le conjugué cos(x)+1), mais voyons comment utiliser un DL pour approcher le problème de façon différente. Comme on s’intéresse à x proche de 0, on peut utiliser le DL(2) du cosinus vu plus haut, cos(x)=1−2!x2+x2ε(x), où on rappelle que ε(x)→0 quand x→0. Ce DL permet de montrer que la “petitesse” du numérateur de notre quotient est en fait quadratique en x, puisque cos(x)−1=−2!x2+x2ε(x)=(−21+ε(x))x2. (Une “petitesse en x2” donc.) Ceci donne x2cos(x)−1=x2(−+12ε(x))x2=−21+ε(x). Cette expression montre, de manière transparente, que ce quotient est proche de −21 quand x est proche de 0. En effet, puisque limx→0ε(x)=0, la limite est x→0limx2cos(x)−1=−21+x→0limε(x)=−21.
Informel 10.5.Attention: lorsqu’on utilise un DL(n), on utilise le fait que la fonction “ε(x)” est petite proche du point considéré. Pourtant, on ne sait en général pas estimer précisément la petitesse de ε(x)!
Parfois, pour arriver à décrire précisément la petitesse d’un terme, il est nécessaire de choisir un DL d’un ordre suffisamment grand, comme dans l’exemple suivant :
Exemple 10.11.
(Sur l’importance du choix de l’ordre du DL.) Étudions x→0limx2(1−cosx)(sinx)2−x2cos(x). Numérateur et dénominateur sont petits quand x est proche de 0, et des DL vont permettre de quantifier précisément leurs petitesses respectives. Par contre, on va voir qu’il sera nécessaire de prendre un développement d’ordre suffisamment élevé pour conclure.
Commençons simplement, en prenant le DL(1) pour le sinus et le DL(2) pour le cosinus. On nomme les restes différemment pour pouvoir les distinguer: