Analyse I / FLIPPED

EPFL Botafogo

Infos sur les séances exercices

Rappelons que nous aurons deux séances d’exercices par semaine.
Les lundis, de 10h15 à 12h, en CE 1 6 (immédiatement après la séance contact).
Les mercredis, de 10h15 à 12h, vous serez répartis en deux salles différentes, en fonction de votre nom de famille (tel que trouvé sur ISA):

Assistant.e.s:

Eliott van Dieren (Phd, Math)

Eliott van Dieren (Phd, Math)

Doctorant en mathématiques dans le domaine de l’optimisation, j’ai auparavant suivi une formation d’ingénieur en mathématiques et informatique à l’UCLouvain, puis un master en mathématiques appliquées à l’EPFL. J’ai eu l’occasion d’enseigner dans plusieurs cours de mathématiques, notamment Mathématiques pour les géosciences, Stochastic Simulation et Analyse II. Pour ce cours, je serai l’assistant principal et serai présent lors des séries d’exercices pour vous accompagner dans votre apprentissage de l’Analyse I. Au plaisir de vous rencontrer au cours du semestre !
Ángel Zhang Huang (Math, Master)

Ángel Zhang Huang (Math, Master)

Salut! Je suis étudiant en Master de Mathématiques Appliquées, avec un mineur en Data Science. Mon principal intérêt c’est l’analyse de données topologique (appliquée à la biologie), ainsi que le dessin. En plus du français, je parle aussi l’anglais et l’espagnol. N’hésitez donc pas à me parler dans ces langues si vous le préférez!
Arthur Busseret (GC, Master)

Arthur Busseret (GC, Master)

Salut, je suis Arthur, étudiant en master de GC à l’EPFL et ayant réalisé mon Bachelor en France en classe préparatoire puis à l’Ecole Polytechnique. Ma passion des mathématiques remonte à il y a longtemps, et j’ai hâte de la partager avec vous ce semestre. A très vite autour d’une série d’exercices d’Analyse, d’une séance de sport ou d’une petite bière à Sat.
Julia Enders (SIE, EPFL)

Julia Enders (SIE, EPFL)

Hello ! Je suis étudiante en deuxième année de bachelor en sciences et ingénierie de l’environnement à l’EPFL. Ayant moi-même suivi le cours d’analyse du professeur Friedli l’année dernière, je me réjouis de pouvoir vous aider ce semestre à réaliser vos séries. Je parle également anglais et allemand. En dehors des cours, j’aime le pumpfoil et le tricot.
Chloé Dupuis (MA, EPFL)

Chloé Dupuis (MA, EPFL)

Bonjour, je suis en troisième année de bachelor en mathématiques à l’EPFL. Après une première expérience en tant qu’assistante en Algèbre linéaire, je serai cette année votre assistante en Analyse. Je me réjouis de vous accompagner dans votre apprentissage et de partager avec vous mon intérêt pour les mathématiques.
Hugo Passera (Math, Master)

Hugo Passera (Math, Master)

Salut ! Je suis Hugo, étudiant en Master de Mathématiques. J’ai été assistant pour Analyse 0 et Analyse 1 avancée, et je me forme aussi à l’enseignement via la HEP. J’aime particulièrement aider à rendre les notions plus claires et accessibles, et je me réjouis de vous accompagner pendant le semestre!
Sasha Costa (MA, Master)

Sasha Costa (MA, Master)

Salut ! Je suis actuellement en master de statistique, avec un mineur en ingénierie financière. J’ai également été assistant l’année passée auprès du professeur Friedli pour le cours d’Analyse I. Je me réjouis de travailler avec vous ce semestre !
Marwa Chiguer (DS, Master)

Marwa Chiguer (DS, Master)

Salut ! Je suis Marwa, j’ai fait mon CMS et mon bachelor en Systèmes de communication à l’EPFL. Je suis actuellement en Master Data Science, mineur en ingénierie financière. Les cours de mathématiques à l’EPFL m’intéressent particulièrement, en particulier leur aspect théorique et rigoureux. Je parle aussi anglais, arabe et espagnol. Hâte de vous aider ce semestre !
Rami Ben Amor

Rami Ben Amor

Salut ! Je suis étudiant en Master de Génie Mécanique à l’EPFL. Au cours de mon Bachelor, j’ai pu faire pas mal d’autres assistanats (méca, matériaux, thermo et structures). J’ai également réalisé une année d’échange au Georgia Institute of Technology à Atlanta et je parle aussi anglais et arabe. Aujourd’hui, durant mon Master, j’ai poursuivi la spécialisation en mécanique des solides et structures et je m’engage également pour la Racing Team de l’EPFL. En dehors du campus, j’adore voyager, jouer au volleyball, faire des randonnées et aller à des concerts.
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1.1 Introduction

On se représente souvent l’ensemble des nombres réels, noté , comme tous les points d’une droite:
Même si cette image est utile pour l’intuition (en particulier pour se représenter des distances ou comparer des grandeurs), elle ne constitue évidemment pas une définition rigoureuse. En particulier, elle n’exprime pas le fait que les réels se prêtent bien au calcul, à savoir à la manipulation abstraite de quantités, qu’elles soient positives ou négatives, petites ou grandes.
De plus, les concepts fondamentaux de l’analyse (limite, continuité, dérivabilité, intégrabilité) se définissent précisément à l’aide de quelques notions simples qui utilisent toute la structure des réels.
Donc avant de commencer à présenter l’analyse à proprement parler, on se doit de définir quelles sont exactement les propriétés qui caractérisent . On listera en particulier les règles de calcul qui donneront aux réels la structure de ce qu’on appelle un corps.

1.1.1 Nombres et mesures

Animation explicative
La construction des nombres commence, en général, avec l’introduction des nombres naturels/entiers, avec lesquels on peut déjà compter (“un mouton, deux moutons, trois moutons, ...”):
Puis viennent s’ajouter les entiers relatifs, obtenus à partir de en rajoutant toutes les quantités entières négatives (“il fait froid: degrés!”, ou “”):
L’étape suivante est de considérer en plus toutes les proportions possibles entre deux grandeurs entières (“un demi litre de lait”, “une heure et quart”, “deux tiers des étudiants”,...), pour obtenir les nombres rationnels: Les rationnels contiennent (prendre ), donc ils contiennent des nombres arbitrairement grands, et peuvent être utilisés pour décrire des grandeurs astronomiques. Mais ils contiennent aussi des quotients aussi petits que l’on veut (, , etc.), et peuvent donc être utilisés pour décrire des grandeurs atomiques ou subatomiques.
Pourquoi, alors, ne pas se contenter de garder pour faire de l’analyse?
Même s’il permet a priori de mesurer des grandeurs à toutes les échelles possibles nécessaires de l’univers, souffre d’un défaut majeur: il ne permet pas de tout mesurer! En effet, beaucoup de grandeurs physiques sont des quantités irrationnelles.
Voyons deux exemples.

1.1.2 Irrationnalité de

L’école Pythagoricienne (env. 500BC) avait observé le fait suivant. Considérons un triangle rectangle dont les deux cathètes ont longueur :
La longueur de l’hypothénuse est donnée par la solution de l’équation
Lemme 1.1.
Le nombre , solution de l’équation , est irrationnel.

Proof
On démontre l’affirmation par l’absurde.
Supposons que , à savoir qu’il existe des entiers et tels peut s’écrire . On peut en fait supposer que et sont premiers entre eux, c’est-à-dire qu’ils n’ont aucun diviseur commun (s’ils ont un diviseur commun, on peut toujours simplifier la fraction).
Mais si , alors , c’est-à-dire , ce qui implique que est pair (un multiple de ), et donc que est pair aussi (exercice!). On peut alors écrire sous la forme , où est un entier. Ceci implique également que , et donc , par le même argument qu’avant, est aussi pair. Ceci implique que et sont tous deux divisibles par , ce qui représente une contradiction, puisqu’on a supposé que et n’avaient aucun diviseur commun.

Étant irrationnel, l’expansion décimale n’a pas de “fin”, et ne présente aucun motif particulier (pas de périodicité, etc.): De nos jours, on connaît plus de dix mille milliards de décimales de cette expansion.
“On sait que les nombres de ce genre (en parlant de ) ont tourmenté Pythagore et son école presque jusqu’à puisement. Étant accoutumés à des nombres si étranges depuis notre première enfance, nous devons prendre garde à ne pas sous-estimer l’intuition mathématique de ces anciens sages. Leur tourment était hautement honorable. Ils se rendaient compte qu’on ne peut trouver aucune fraction dont le carré soit exactement égal à . On peut en donner des approximations très approchées, comme par exemple , dont le carré, , est très proche de , c’est à dire de . On peut s’approcher encore plus près de en considérant des fractions constituées au moyen de nombres plus grands que et , mais on n’atteindra jamais exactement. ”
E. Schrödinger, Physique quantique et représentation du monde

1.1.3 Irrationnalité de

Le nombre est défini comme la longueur de la circonférence d’un disque dont le diamètre est égal à :
Animation explicative
Il est surprenant d’apprendre que le développement décimal de ce nombre ne présente pas de régularité apparente: On peut facilement trouver des rationnels qui approximent à un niveau essentiellement arbitraire de précision (les décimales en rouge indiquent à partir d’où le rationnel cesse de donner une bonne approximation): Pourtant, Johann Heinrich Lambert a montré en 1761 que est irrationnel: il n’existe aucune paire telle que Pour une preuve relativement courte, mais qui requiert beaucoup des notions d’analyse présentées dans ce cours, voir cette vidéo, ou encore celle-ci (les deux présentent la même preuve de l’irrationnalité de , due à Niven).

1.1.4 Sur la construction de

La circonférence du disque et l’hypothénuse du triangle ci-dessus sont loin d’être les seuls irrationnels, donc cette discussion montre que même si constitue un ensemble de nombres allant des échelles subatomiques à superastronomiques, il ne contient pas tous les nombres nécessaires pour faire de la géométrie élémentaire: les irrationnels sont nécessaires. (Et en fait, dans un sens que nous ne détaillerons pas ici, il y a beaucoup plus d’irrationnels qu’il n’y a de rationnels...)
Il y a donc, dans la construction d’un bon ensemble de nombres permettant de faire de l’analyse, une étape finale, qui consiste à compléter en lui ajoutant tous les irrationnels pour obtenir . Cette construction est délicate, et nous ne la décrirons pas en détails car elle sortirait du cadre de ce cours.
Mais ce que nous ferons, dans les sections suivantes, sera de définir en listant ses propriétés.
Nous dirons d’abord que c’est, comme , un ensemble dans lequel on peut faire de l’arithmétique, c’est à dire des calculs à l’aide d’opérations telles que addition et multiplication.
Puis nous exigerons de une propriété additionnelle, naturelle mais délicate à formuler (voir supremum et infimum plus loin), qui le distinguera radicalement de , et qui nous permettra de commencer à construire l’analyse. (En passant, nous montrerons que dans , l’existence de est bien garantie.)
Ce que nous ne ferons pas, c’est de montrer qu’on peut effectivement construire un ensemble jouissant de toutes ces propriétés. Pour plus de détails sur la construction des réels, je renvoie le lecteur aux livres d’analyse plus avancés. Par exemple: Les nombres irrationnels (Voyage au pays des maths ARTE). Plus élémentaire:
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