Doctorant en mathématiques dans le domaine de l’optimisation, j’ai auparavant suivi une formation d’ingénieur en mathématiques et informatique à l’UCLouvain, puis un master en mathématiques appliquées à l’EPFL. J’ai eu l’occasion d’enseigner dans plusieurs cours de mathématiques, notamment Mathématiques pour les géosciences, Stochastic Simulation et Analyse II. Pour ce cours, je serai l’assistant principal et serai présent lors des séries d’exercices pour vous accompagner dans votre apprentissage de l’Analyse I. Au plaisir de vous rencontrer au cours du semestre !
Ángel Zhang Huang (Math, Master)
Salut! Je suis étudiant en Master de Mathématiques Appliquées, avec un mineur en Data Science. Mon principal intérêt c’est l’analyse de données topologique (appliquée à la biologie), ainsi que le dessin. En plus du français, je parle aussi l’anglais et l’espagnol. N’hésitez donc pas à me parler dans ces langues si vous le préférez!
Arthur Busseret (GC, Master)
Salut, je suis Arthur, étudiant en master de GC à l’EPFL et ayant réalisé mon Bachelor en France en classe préparatoire puis à l’Ecole Polytechnique. Ma passion des mathématiques remonte à il y a longtemps, et j’ai hâte de la partager avec vous ce semestre. A très vite autour d’une série d’exercices d’Analyse, d’une séance de sport ou d’une petite bière à Sat.
Julia Enders (SIE, EPFL)
Hello ! Je suis étudiante en deuxième année de bachelor en sciences et ingénierie de l’environnement à l’EPFL. Ayant moi-même suivi le cours d’analyse du professeur Friedli l’année dernière, je me réjouis de pouvoir vous aider ce semestre à réaliser vos séries. Je parle également anglais et allemand. En dehors des cours, j’aime le pumpfoil et le tricot.
Chloé Dupuis (MA, EPFL)
Bonjour, je suis en troisième année de bachelor en mathématiques à l’EPFL. Après une première expérience en tant qu’assistante en Algèbre linéaire, je serai cette année votre assistante en Analyse. Je me réjouis de vous accompagner dans votre apprentissage et de partager avec vous mon intérêt pour les mathématiques.
Hugo Passera (Math, Master)
Salut ! Je suis Hugo, étudiant en Master de Mathématiques. J’ai été assistant pour Analyse 0 et Analyse 1 avancée, et je me forme aussi à l’enseignement via la HEP. J’aime particulièrement aider à rendre les notions plus claires et accessibles, et je me réjouis de vous accompagner pendant le semestre!
Sasha Costa (MA, Master)
Salut ! Je suis actuellement en master de statistique, avec un mineur en ingénierie financière. J’ai également été assistant l’année passée auprès du professeur Friedli pour le cours d’Analyse I. Je me réjouis de travailler avec vous ce semestre !
Marwa Chiguer (DS, Master)
Salut ! Je suis Marwa, j’ai fait mon CMS et mon bachelor en Systèmes de communication à l’EPFL. Je suis actuellement en Master Data Science, mineur en ingénierie financière. Les cours de mathématiques à l’EPFL m’intéressent particulièrement, en particulier leur aspect théorique et rigoureux. Je parle aussi anglais, arabe et espagnol. Hâte de vous aider ce semestre !
Rami Ben Amor
Salut ! Je suis étudiant en Master de Génie Mécanique à l’EPFL. Au cours de mon Bachelor, j’ai pu faire pas mal d’autres assistanats (méca, matériaux, thermo et structures). J’ai également réalisé une année d’échange au Georgia Institute of Technology à Atlanta et je parle aussi anglais et arabe. Aujourd’hui, durant mon Master, j’ai poursuivi la spécialisation en mécanique des solides et structures et je m’engage également pour la Racing Team de l’EPFL. En dehors du campus, j’adore voyager, jouer au volleyball, faire des randonnées et aller à des concerts.
Dans cette section, on rappelle quelques définitions élémentaires relatives à la notion de fonction. Même si dans ce cours on s’intéressera surtout à des fonctions réelles d’une variable réelle, ce que l’on présente ici est très général et s’applique à des situations très diverses, comme par exemple l’étude des applications linéaires en algèbre linéaire.
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Définition II.1.
Soient A,B deux ensembles quelconques non-vides. Une fonction de A dans B, f:A→B, est une règle qui associe à chaque élément x∈A un (et un seul) élément y∈B, appelé l’image de x (par f), et on écrit y=f(x). On dit alors que x est une préimage (ou un antécédent) de y.
Lorsque x∈A est associé à y∈B, on pourra penser à cette association comme à une “flèche de x vers y”. En termes de flèches, une fonction de A dans B est donc bien définie une fois que l’on a, pour chaque x∈A, exactement une flèche reliant ce x à un (et un seul) y∈B. En particulier, il ne peut pas y avoir deux flèches sortant d’un x.
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Pour des raisons évidentes, A est parfois appelé l’ensemble de départ, et B l’ensemble d’arrivée. Pour bien indiquer l’ensemble de départ et d’arrivée d’une fonction, on écrit f:Ax→B↦y=f(x).
Exemple II.5.
Considérons A=Z, B={★,♣,♠,⧫}, et définissons la fonction f:A→B comme suit: pour x∈A, f(x):=⎩⎨⎧★♣♠⧫ si x⩽−17, si −17<x<−16, si −16⩽x⩽1, si x>1. Ici, ★ et ⧫ possèdent chacun une infinité de préimages, ♠ possède 18 préimages, et ♣ ne possède aucune préimage.
II.2.2 Ensemble image
Il est naturel de considérer, pour commencer l’étude d’une fonction, de déterminer quels sont les éléments de l’ensemble d’arrivée qui possèdent au moins une préimage:
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Définition II.2.
L’ensemble image de f:A→B est défini par Im(f):={y∈B:∃x∈A tel que f(x)=y}.
Par la définition de fonction, une flèche sort de chaque x∈A; mais tous les y∈B ne sont pas forcément atteints par une flèche. L’ensemble image est donc constitué des éléments de l’ensemble d’arrivée qui sont atteints par au moins une flèche. On peut imaginer Im(f) obtenu en “balayant” tout A avec la variable x, et en observant tous les y=f(x)∈B obtenus.
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Exemple II.6.
Soit A={1,2,3,4}, B={Δ,Γ,Ψ}, et f:A→B la fonction définie par: f(1)=Δ,f(2)=Γ,f(3)=Δ,f(4)=Γ. Alors Im(f)={Δ,Γ} (puisque Ψ n’a pas de préimage).
II.2.3 Surjection
Par définition, l’ensemble image d’une fonction f:A→B est un sous-ensemble de B, Im(f)⊂B, et il est naturel de considérer les fonctions pour lesquelles il coïncide exactement avec B:
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Définition II.3.
f:A→B est surjective si Im(f)=B, c’est-à-dire si chaque élément de l’ensemble d’arrivée possède au moins une préimage.
Informel II.1.Une fonction est surjective si chaque élément de l’ensemble d’arrivée est atteint par au moins une flèche; en d’autres termes, si les flèches qui partent de A “remplissent bien” tout l’ensemble d’arrivée.
Exemple II.7.
La fonction f:Zx→Z↦f(x)=x+1 est surjective. En effet, prenons un y∈Z quelconque. Si on considère x:=y−1, alors f(x)=x+1=(y−1)+1=y, donc x est antécédent de y, et donc y∈Im(f).
Exemple II.8.
Soit A l’ensemble des étudiant.e.s dans l’auditoire, et soit B=N={0,1,2,3,…}. Considérons f:Ax→B↦f(x), où f(x) est le nombre de frères et soeurs de x. Pour trouver Im(f), on peut procéder comme suit: pour tout y∈B, on pose la question: “Qui possède exactement y frères et soeurs?” Si au moins une main se lève, c’est que y∈Im(f). Dès qu’on a un y pour lequel aucune main se lève, c’est que f n’est pas surjective. Pour s’assurer facilement que f n’est effectivement pas surjective, on peut simplement poser la question: “Est-ce que quelqu’un a plus de 100 frères et soeurs?” Si personne ne lève la main, c’est que Im(f)⊂{0,1,2,3,…,99,100}. (Si on sonde l’auditoire, on observe probablement quelque chose comme Im(f)={0,1,2,3,4,5}.)
Toute fonction peut être transformée en une fonction surjective, en modifiant simplement son ensemble d’arrivée. En effet, si f:Ax→B↦f(x) n’est pas surjective, c’est que son ensemble d’arrivée B est “trop grand”: Im(f) est un sous-ensemble stricte de B. On peut alors retirer les éléments de B qui ne sont pas dans l’image, et obtenir une fonction surjective. Plus précisément, f~:Ax→Im(f)↦f(x) est surjective.
Exemple II.9.
La fonction f:Nx→N↦2x n’est pas surjective, puisque si y∈N est impair, il ne possède pas de préimage. Ici, Im(f)=Npairs, l’ensemble de tous les entiers positifs pairs. En restreignant son ensemble d’arrivée à Im(f), on obtient f~:Nx→Npairs↦2x, qui est surjective.
II.2.4 Injection
Une deuxième chose naturelle à considérer, pour une fonction donnée, est de savoir si celle-ci sépare les points, c’est-à-dire si des points différents, dans l’ensemble de départ, ont des images différentes:
Définition II.4.
f:A→B est injective si x=x′ implique f(x)=f(x′).
Informel II.2.Si la fonction est injective, des flèches qui partent de points différents doivent arriver en des points différents!
Exemple II.10.
Considérons f:Zx→N↦x2. Puisque f(−2)=4 et f(2)=4, f n’est pas injective.
Une caractérisation équivalente de l’injectivité, plus commode à manipuler dans la pratique, est la suivante: f est injective si f(x)=f(x′) implique x=x′.
Exemple II.11.
Montrons que f:Nx→Q↦x2+1x2 est injective. Pour ce faire, prenons deux éléments x,x′∈N, et supposons que f(x)=f(x′), c’est-à-dire x2+1x2=x′2+1x′2. Quelques manipulations montrent que cette dernière identité est équivalente à x2−x′2=0⇔(x−x′)(x+x′)=0, qui n’est vérifiée que si au moins une des parenthèses est nulle. Or la première est nulle si x=x′, et puisque x,x′∈N, la deuxième ne peut s’annuler que si x=x′=0. Dans tous les cas, on a bien montré que f(x)=f(x′) implique x=x′, donc f est injective.
II.2.5 Bijection
Voyons ce qui se passe lorsqu’une fonction possède en même temps les deux propriétés introduites dans les sections précédentes.
Définition II.5.
Une fonction f:A→B est bijective si elle est à la fois injective et surjective.
L’intérêt d’une fonction bijective est qu’on peut l’inverser, ce qui signifie revenir de l’ensemble image à l’ensemble de départ, sans ambiguïté. En effet, supposons que f:A→B est bijective, et fixons un élément quelconque de l’ensemble d’arrivée, y∈B.
Comme f est surjective, y possède au moins une préimage.
Comme f est injective, y possède au plus une préimage.
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On en déduit que y possède exactement une préimage dans l’ensemble de départ: on la note f−1(y). Avoir associé à tout y∈B un unique élément f−1(y)∈A signifie que nous avons défini une fonction de B dans A. Puisque cette fonction permet d’obtenir l’unique préimage de chaque élément de B, on l’appelle la réciproque de f: f−1:By→A↦f−1(y) Par définition, la réciproque permet de récupérer la préimage: f−1(f(x))=x∀x∈A. Mais aussi, f(f−1(y))=y∀y∈B.
Remarque II.1.
L’utilisation du symbole “f−1”, pour la réciproque, est largement répandue, et nous l’utiliserons, mais elle peut prêter à confusion. En effet, pour des fonctions numériques, f−1(y) ne doit en aucun cas être confondu avec f(y)−1, qui signifie f(y)1!
Exemple II.12.
Montrons que la fonction f:Qx→Q↦f(x)=3x−5 est bijective. (On utilise des couleurs uniquement pour distinguer les ensembles de départ et d’arrivée.)
Soient x,x′∈Q. On a
f(x)=f(x′)⇔3x−5=3x′−5⇔x=x′,
donc f est injective.
Soit y∈Q. Montrons que y possède une préimage, à savoir un x∈Q tel que y=f(x)=3x−5. En effet, on peut simplement isoler x dans “y=3x−5” et trouver x=3y+5. Comme 3y+5∈Q, on a bien trouvé une préimage pour y. Donc f est surjective.
Maintenant que f est bijective, donnons sa réciproque explicitement: f−1:Qy→Q↦f−1(y). L’expression de f−1(y) a en fait été trouvée plus haut: il s’agit d’isoler x dans y=f(x), ce qui donne x=f−1(y)=3y+5.
Quiz II.2.1.On considère les ensembles A={1,2,3}, B={a,b,c,d} Quelles règles ci-dessous définissent une fonction f:A→B?
Quiz II.2.2.Vrai ou faux? L’ensemble image d’une fonction f:A→B, c’est
Quiz II.2.3.Vrai ou faux? Si f:A→B est injective, alors