La difficulté, dans l’étude d’une suite xn+1=g(xn), est parfois de savoir par où commencer. Montrer que la suite est majorée/minorée? Si oui, avec quel majorant/minorant? Montrer que la suite est croissante/décroissante?
Nous allons voir maintenant que le graphe de g peut être une aide précieuse dans cette analyse, et peut donner des pistes.
Remarque 4.2.
L’approche graphique que nous allons présenter est utile car elle suggère des façons de commencer à étudier la suite, mais elle ne fournit en aucun cas une étude rigoureuse.
Supposons que le graphe de la fonction g est connu, et que la valeur de xn a déjà été calculée. Montrons comment construire xn+1 graphiquement à partir de xn et du graphe de g:
- Commencer en (xn,0)
- Monter verticalement sur le graphe de g, au point (xn,g(xn))=(xn,xn+1)
- Glisser horizontalement jusque vers la diagonale y=x, au point (xn+1,xn+1)
- Redescendre sur (xn+1,0)
Bien-sûr, on peut sur le même dessin représenter xn+2 à partir de xn+1, etc. Donc en partant de x0, on a un moyen graphique de suivre la trajectoire x0,x1,x2,…
Exemple 4.8.
Reprenons le premier exemple considéré dans ce chapitre, associée à
g(x)=1+2x. Sur l’animation ci-dessous, observer le comportement de la suite en fonction de la condition initiale
x0:
On observe graphiquement tout ce que nous avions obtenu analytiquement. En particulier, on voit le point fixe
x∗=2, à l’intersection entre le graphe de
g et la droite
y=x. Puis, une fois la condition initiale
x0 choisie,
- xn est décroissante si x0>2
- xn est croissante si x0<2
- dans les deux cas, xn converge vers le point fixe
Exemple 4.9.
Considérons la suite traitée dans la section précédente, associée à
g(x)=2−x1, avec la condition initiale
x0=4:
On remarque que le graphe de
g est tangent à la diagonale au point fixe, et comme n’importe quelle condition initiale au-dessus du point fixe mène toujours à la même limite, qui est atteinte en décroissant, comme vu précédemment. D’autres conditions initiales mènent à la même limite, mais sans que la suite soit forcément monotone.
Exemple 4.10.
Considérons la suite logistique de l’introduction,
xn+1=rxn(1−xn). L’animation ci-dessous montre les grandes différences dans le comportement asymptotique de la suite, en fonction de la valeur du paramètre
r>0. (Pour ne pas rendre le dessin incompréhensible, on n’a représenté que les
20 premiers termes de la suite.)