Théorème 5.7 (Critère de d’Alembert pour les séries).
Soit (an) une suite pour laquelle la limite ρ:=n→∞limanan+1 existe, ou est +∞.
Si ρ<1, alors ∑nan converge absolument (donc converge).
Si ρ>1, alors ∑nan diverge.
Proof
La preuve commence de la même façon que celle pour le critère de l’Alembert pour les suites: 1) Si ρ<1, on sait qu’il existe ε>0 et un entier N tel que anan+1⩽1−ε∀n⩾N. On a donc, pour tout n>N, ∣an∣⩽(1−ε)∣an−1∣⩽(1−ε)2∣an−2∣⩽…⩽(1−ε)n−N∣aN∣=:cn. Mais comme cn est, à une constante près, le terme général d’une série géométrique (de raison r=1−ε<1), la série ∑n=N+1∞cn converge. Par le critère de comparaison, ∑n=N+1∞∣an∣ converge aussi, et donc ∑nan converge absolument. 2) On a déjà vu (Critère de d’Alembert pour les suites) que ρ>1 implique que ∣an∣→∞, et donc an ne tend pas vers zéro, ce qui implique que ∑nan diverge.
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Exemple 5.22.
Considérons k⩾1∑k!(−9)k. Comme une comparaison avec une série plus simple n’est pas immédiatement facile, on peut calculer ρ=k→∞limakak+1=k→∞limk!(−9)k(k+1)!(−9)k+1=k→∞limk+19=0. Par le théorème, la série est absolument convergente, et donc convergente.
Exemple 5.23.
Considérons la série n⩾1∑(2n)!(n!)3 On a ρ=n→∞limanan+1=n→∞lim(2n)!(n!)3(2(n+1))!(n+1)!3=n→∞limn!3(n+1)!3(2(n+1))!(2n)!=n→∞lim(2n+2)(2n+1)(n+1)3=+∞. Donc la série est divergente. De plus, puisque tous ses termes sont positifs, on peut écrire n⩾1∑(2n)!(n!)3=+∞
Le théorème ci-dessus ne dit rien sur ce qui se passe lorsque ρ=1, ce qui fait qu’il y a beaucoup de cas où il est inefficace pour étudier une série. Par exemple, on connaît bien les séries du type ∑nnp1, et pourtant, pour tout p>0,