Analyse I / GM

EPFL Botafogo

12.2 Définition de l’intégrale de Riemann-Darboux

Dans toute cette section, on fixera une fonction bornée.
Pour garder en tête l’interprétation en terme d’une “aire sous la courbe”, les illustrations se feront la plupart du temps pour une fonction positive.
Pourtant, la construction de l’intégrale que l’on va donner ci-dessous est indépendante du signe de la fonction sur l’intervalle.

12.2.1 Subdivisions

L’idée générale de base de l’intégration est d’approximer un objet compliqué à l’aide d’une union d’objets simples. Dans l’intégrale d’une fonction, on approxime l’aire sous le graphe de à l’aide de “régions simples” qui sont des rectangles.
La première étape est de diviser l’intervalle:
Définition 12.1.
On appelle subdivision (aussi: partition) de l’intervalle toute collection ordonnée de nombres On notera en général une subddivision par la lettre
Soit une subdivision de . On définit, pour tout , l’intervalle
Notons qu’en général, les intervalles ne sont pas forcément tous de même longueur.
Définition 12.2.
On appelle subdivision régulière (à éléments) de la subdivision dont les intervalles ont tous taille , c’est-à-dire pour laquelle :

Une fois que l’on se donne une subdivision, on peut l’utiliser pour diviser la région sous le graphe de en régions plus fines, qui commencent à ressembler à des rectangles:

12.2.2 Sommes de Darboux

Pour une subdivision donnée , introduisons pour tout , les nombres Puisqu’on suppose que est bornée, ces nombres sont finis.
On peut alors définir deux sommes associées à la subdivision :
Définition 12.3.
Soit une fonction bornée, et une subdivision de . On définit:
  1. la somme de Darboux inférieure,
  2. la somme de Darboux supérieure
Par définition, Considérons la fonction sur l’intervalle . Dans le cas où , (resp. ) représente l’aire d’un rectangle, dont le côté supérieur est situé en-dessous (resp. en-dessus) du graphe de .
Donc sur , la vraie aire sous le graphe peut toujours être comparée aux aires de ces deux rectangles, ce qui a pour conséquence que globalement, l’aire sous la courbe peut être minorée et majorée par les sommes de Darboux:
Voyons maintenant comment se comportent les sommes de Darboux lorsqu’on rajoute un point à la subdivision:
Lemme 12.1.
Soit une subdivision de , et soit la subdivision obtenue en rajoutant un point à , entre et . Alors
A priori, et sont des nombres différents: . Mais le lemme ci-dessus nous dit qu’ils ne peuvent que se rapprocher lorsque l’on rajoute des points dans la subdivision. On s’attend donc à ce que pour des fonctions “raisonnables”, il soit possible de rendre arbitrairement proche de , en prenant une subdivision suffisamment fine:
Ceci motive la définition suivante:
Définition 12.4.
Pour une fonction bornée, on définit les nombres Si , on dit que est intégrable au sens de Riemann/Darboux . On appelle le nombre l’intégrale de , et on le note
Par convention, on définit
Remarque 12.1.
Le symbole représente un nombre, qui ne dépend pas du “” qui apparaît deux fois. On appelle ce “” une variable d’intégration. C’est une variable muette, dans le sens où elle est uniquement utilisée pour construire l’intégrale; l’intégrale n’en dépend pas explicitement. Donc on pourrait aussi écrire Les nombres et sont appelés bornes d’intégration.
Informel 12.1.À propos de la terminologie: Le symbole , apparemment introduit par Newton, est une espèce de “S”, qui peut rappeler l’origine de l’intégrale: “somme”.
À strictement parler, l’intégrale au sens de Riemann passe par la définition des sommes de Riemann où pour tout , est un point quelconque choisi dans . Ces sommes satisfont toujours
Quiz 12.2.1.Soit une fonction bornée, une subdivision de ,et et les sommes Darboux supérieures et inférieures. Vrai ou faux?
Projet Botafogo © 2026. En savoir plus. Contenu sous licence CC BY-NC-SA 4.0